L’accompagnement du chef d’entreprise par le Family Office

Evelyne Brugère et Marie-Noëlle de Pembroke

 

Family Office, ou l’accompagnement indépendant et pluridisciplinaire du dirigeant d’entreprise

Lorsque la PME familiale se développe, le chef d’entreprise se retrouve progressivement et inexorablement entouré par un nombre croissant d’experts de tous horizons : experts comptables, avocats d’affaires, avocats fiscalistes, notaires, partenaires bancaires, spécialistes du financement… A cette multiplication des experts, s’ajoute également un télescopage parfois délicat des affaires familiales et professionnelles.

Pour le chef d’entreprise, il devient difficile de s’y retrouver et surtout de faire entendre sa propre voix face à ce concert d’experts. Chacun propose sa propre solution, en fonction des dernières innovations ou optimisations juridiques, fiscales et financières, et personne n’a vraiment le temps d’écouter les avis des autres experts ou les préoccupations personnelles du chef d’entreprise.

 

La valeur ajoutée d’un family office

C’est par son indépendance, sa compétence pluridisciplinaire et son approche globale du patrimoine professionnel et privé du dirigeant, que le Family Office apporte sa valeur ajoutée. C’est particulièrement vrai dans les phases de transmission où le dirigeant doit faire face à des sujets complexes et sensibles, et prendre des décisions stratégiques pour son entreprise et sa famille.

Dans la phase qui précède la transmission, le family office va permettre de faire émerger les projets et les aspirations du chef d’entreprise et des membres de sa famille. En donnant un caractère formel aux réunions familiales, en animant un conseil de famille, en organisant la gouvernance familiale, le Family Office va permettre à chacun de sortir du rôle de père, mère, conjoint(e), enfants, et de s’exprimer en tant que cédant, repreneur potentiel, dirigeant ou associé de l’entreprise familiale. Cette phase, très souvent négligée, est pourtant cruciale pour la survie à long terme de l’entreprise ou le maintien des liens familiaux.

Lorsque le processus de transmission est enclenché, la coordination des experts devient indispensable. Le Family Office va s’assurer que chacun respecte bien l’esprit de ce qui est souhaité par le dirigeant d’entreprise et de ce qui a été décidé au sein de la cellule familiale. Le family office organisera et animera les réunions d’experts et partenaires et s’assurera que chacun a bien l’information nécessaire, que les modifications du schéma initial sont bien évaluées et validées et que l’évolution du projet est diffusée auprès de tous. Comme un secrétaire général, le family office va organiser et structurer le processus de la transmission jusqu’ à son terme.

La dernière étape de la transmission qui est la mise en œuvre, doit elle aussi faire l’objet d’un travail rigoureux. Des flux mal dirigés, des garanties oubliées, des conventions mal rédigées, des délais non respectés, peuvent remettre en cause tout le processus. Le family office s’assurera du bon déroulement des opérations et de leur traçabilité pour le chef d’entreprise.

 

Ce qu’on lui reproche

Le family office peut être perçu par les experts ou les partenaires comme un intrus.

Craintes de perdre le lien privilégié avec le chef d’entreprise, ou craintes de devoir renégocier les honoraires ou les frais de gestion, sont autant de résistances au développement du métier en France. Le rôle du family office n’est pas de se substituer aux experts, ni de faire baisser les coûts du service. Son rôle est avant tout de s’assurer que les experts et partenaires du dirigeant d’entreprise travaillent bien dans un esprit constructif, coopératif et que les aspirations du dirigeant d’entreprise soient prises en compte du début jusqu’à la fin.

 

Comment le choisir

Le family office, c’est l’homme ou la femme de confiance du dirigeant. Outre les compétences et l’expérience, l’indépendance et la discrétion sont des qualités primordiales dans ce métier.

L’indépendance est un point clé de la relation. Celle ci nécessite que le family office soit rémunéré uniquement par son client, en excluant rétrocession, courtage ou commission d’apporteur. Aucun conflit d’intérêt ne doit venir détourner le family office de son objectif : servir et conseiller son client.

La discrétion est un autre élément clé. A certain moment de la relation et en particulier au moment d’une transmission, le dirigeant d’entreprise devra ouvrir son cœur et aborder des questions plus personnelles. Les sujets familiaux peuvent être sensibles. Le family office devra avec doigté et bienveillance, reformuler, réadapter ou diffuser avec parcimonie certaines informations. Une extrême discrétion est nécessaire, pour préserver l’harmonie familiale et le fonctionnement de l’entreprise.

Enfin les compétences et l’expérience d’un family office doivent permettre une pluridisciplinarité et une grande polyvalence. Sans être expert lui même, le family office doit être capable de dialoguer, identifier les problématiques et comprendre les différents experts et partenaires qui interviennent auprès du chef d’entreprise.

 

 

Encore peu répandu en France, le métier de family office représente pourtant pour un dirigeant d’entreprise, l’assurance d’un conseil indépendant et d’un service dédié. Accompagné au quotidien et dans la durée pour son patrimoine privé et professionnel, le dirigeant d’entreprise peut se consacrer avec sérénité aux choses essentielles et stratégiques pour son entreprise et sa famille.

 

Evelyne Brugère et Marie-Noëlle de Pembroke